En droit administratif, il existe une règle que beaucoup découvrent trop tard : passé un certain délai, une décision ne peut plus être contestée.
C'est l'une des particularités les plus sévères du contentieux administratif, et l'une des premières choses à vérifier avant d'envisager tout recours.
La règle de base est fixée par l'article R. 421-1 du Code de justice administrative : vous disposez en principe de deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision pour déposer un recours devant le tribunal administratif.
Ce délai est franc, il ne tient pas compte du jour de notification ni du dernier jour s'il tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié. Passé ce délai, votre requête sera en principe déclarée irrecevable, sans que le juge examine le fond de votre affaire.
Le délai ne court pas à partir du moment où vous avez connaissance de la décision, mais à partir du moment où elle vous a été régulièrement notifiée. C'est une distinction essentielle.
Pour que le délai commence à courir, la notification doit notamment :
Si la notification est incomplète — si elle ne mentionne pas les voies de recours ou les mentionne de manière erronée — le délai de deux mois ne commence pas à courir. Vous restez en droit de contester la décision, dans la limite du délai raisonnable d'un an.
Le délai de deux mois est le délai de droit commun, mais il existe de nombreuses exceptions.
Certaines procédures d'urgence imposent des délais bien plus serrés. Le référé-suspension, par exemple, doit être introduit rapidement si l'on veut que la suspension ait un effet utile. D'autres contentieux spéciaux — notamment en matière de fonction publique ou de marchés publics — obéissent à des règles particulières qu'il convient de vérifier au cas par cas.
Avant de saisir le tribunal administratif, vous pouvez exercer un recours gracieux (auprès de l'autorité qui a pris la décision) ou un recours hiérarchique (auprès de l'autorité supérieure). Ce recours préalable a pour effet de proroger le délai de recours contentieux : un nouveau délai de deux mois court à partir de la réponse de l'administration, ou de son silence (qui vaut décision implicite de rejet au bout de deux mois).
Attention toutefois : exercer un recours préalable n'est pas sans risque. Une réponse rapide et négative de l'administration relance le délai, mais une absence de réponse doit être surveillée.
Dans certains cas spécifiquement prévus par les textes, il est obligatoire d'exercer un recours devant une instance administrative avant de pouvoir saisir le tribunal administratif. C'est ce qu'on appelle le recours administratif préalable obligatoire, ou RAPO. Ce recours suspend le délai contentieux, un nouveau délai de deux mois s'ouvre à compter de la réponse de l'instance saisie.
Le RAPO peut notamment exister en matière de fonction publique, pour certaines catégories de décisions. Mais il ne s'agit pas d'une règle générale : il ne s'applique pas automatiquement à toutes les décisions concernant les agents publics, et notamment pas à l'ensemble des sanctions disciplinaires. Son existence doit être vérifiée au cas par cas, en fonction du type de décision contestée et du statut de l'agent concerné. Le non-respect de cette étape, lorsqu'elle est obligatoire, rend le recours contentieux irrecevable.
En principe, votre requête sera rejetée pour irrecevabilité. Le tribunal n'examinera pas le fond de votre affaire : peu importe que la décision soit illégale, vous ne pourrez plus la faire annuler.
Il existe quelques exceptions limitées, notamment lorsque la notification était irrégulière, mais elles ne s'appliquent pas systématiquement et doivent être démontrées.
La tentation est parfois d'espérer que l'administration revienne d'elle-même sur sa décision, ou d'attendre de voir comment les choses évoluent. C'est une stratégie risquée.
En droit administratif, chaque jour compte. Plus vous tardez, plus la marge de manœuvre se réduit. Et passé le délai, même l'avocat le plus compétent ne pourra pas rouvrir une porte définitivement fermée.
Le délai pour attaquer une décision administrative est en principe de deux mois à compter de sa notification régulière. Mais ce délai peut varier selon la nature du contentieux, la qualité du requérant ou les recours préalables exercés. Une notification irrégulière peut allonger ce délai — une absence de vigilance peut le laisser expirer sans que vous vous en rendiez compte.
Si vous avez reçu une décision administrative qui vous est défavorable, ne laissez pas le temps s'écouler sans avoir évalué vos options.
Vous souhaitez savoir si vous êtes encore dans les délais pour contester une décision ? N'hésitez pas à prendre contact avec le cabinet pour un premier échange.